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Les
conséquences inévitables de l'agression commise en Irak
Olga
ZRIHEN, Véronique DE KEYSER,
Jean-Maurice DEHOUSSE
DÉLÉGATION PS BELGE,
Bruxelles, le 20 mars 2003
En
raison de la gravité de la situation mondiale, les députés européens du
PS ont décidé de r endre publique la déclaration comme suivante.
"Au
moment où la population du monde apprend que les opérations militaires ont
débuté contre des villes irakiennes, les sentiments qui prédominent sont
la tristesse et le désappointement.
Les
plus anciens parmi nous ont vécu à la fois la construction des Nations
Unies et celle de l'Union Européenne.
Les
principes et les institutions des Nations Unies sont nés dans les cendres
encore chaudes de la deuxième Guerre Mondiale.
Ces institutions et ces principes représentaient la promesse d'un
monde meilleur, et par-dessus tout celui de la paix entre les peuples de la
terre.
On
vient de porter à ces principes un coup sévère, et ce coup a été porté
par quelques-uns des Etats qui ont fait le plus pour construire les Nations
Unies: quelle pitié!
Bien
évidemment, nous sommes tout d'abord profondément choqués par l'attitude
prise par le Gouvernement actuel des Etats-Unis, en clair par
l'Administration du Président BUSH. Celui-ci
a délibérément rompu une politique presque centenaire de protection de la
paix. M. BUSH n'est vraiment ni
l'héritier de Woodrow WILSON qui fut le premier Président à tenter de
construire une démocratique mondiale, et il est encore moins celui
d'Abraham LINCOLN qui s'est consacré à la défense de la démocratie,
qu'il a défini avec raison comme "le gouvernement du peuple par le
peuple et pour le peuple."
A
l'opposé de ces principes, M. BUSH n'a pas craint de transformer les
Etats-Unis
d'Amérique en Etat agresseur. Il
a ainsi établi un précédent dangereux qui se révélera désastreux pour
tous les Etats pacifiques, et qui provoquera inévitablement de nouveaux
dangers, y compris pour le peuple américain.
De
ce fait, le fonctionnement des Nations Unies a été sévèrement ébranlé,
comme le sont par voie de conséquence les relations transatlantiques, le
fonctionnement de l'OTAN, hélas aussi le fonctionnement de l'Union Européenne
et le processus de l'élargissement.
En
effet, l'Administration BUSH n'a pas agi et n'agit pas seule: elle a trouvé
des complices à la fois parmi les gouvernements de certains Etats membres
de l'Union, et parmi les gouvernements de certains candidats à l'adhésion.
Les
uns et les autres ont manqué, et manque gravement à l'un des principes
fondamentaux de l'Unions Européenne: le respect du droit.
Cette
situation nouvelle et sans précédent appelle un réexamen par tous les
Etats membres de l'Union et par les institutions de celle-ci, y compris bien
entendu le Parlement Européen.
Pour
que ce réexamen puisse se dérouler avec un maximum de sérénité, il faut
décider un moratoire sur une série de décisions à long terme, y compris
naturellement sur le processus d'élargissement.
Un
seul élément positif a été révélé par la crise actuelle: d'un bout à
l'autre de l'Europe , et d'ailleurs aussi dans le reste du monde et même
aux Etats-Unis: partout où elle a pu s'exprimer, l'opinion publique s'est
rangée sans hésiter dans le camp de la paix , même là où des
gouvernements ont préféré une logique de guerre.
Le
Parlement Européen doit s'appliquer à faire entendre dans les réunions
européennes et internationales la volonté presque unanime
des opinions publiques. Ce
n'est que de cette façon que nous pouvons espérer commencer à rebâtir
l'avenir.
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